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Bien dans ma tête

5 raisons pour lesquelles la pensée positive peut être néfaste

Vous êtes sur le point d’accoucher ou venez tout juste de donner naissance à votre premier enfant. Vous avez sans doute entendu parler de l’importance de rester positive, de voir le bon côté des choses et de garder le sourire, quoi qu’il arrive. Mais si je vous disais que cette pression à la positivité peut parfois faire plus de mal que de bien ?

Il est essentiel de reconnaître que le post-partum est une période complexe et pleine de défis. En tant que nouvelle maman, vous méritez de connaître la vérité : l’idéologie de la pensée positive, bien que basée sur une intention bienveillante, peut parfois être néfaste. Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi, en m’appuyant sur des études scientifiques. Mon objectif est de vous offrir des outils pour traverser cette période de manière sereine, en prenant soin de vous et de votre famille.

Parlons ensemble des cinq raisons pour lesquelles la pensée positive, appliquée sans recul, peut être un piège pour les futures et jeunes mamans, et explorons des approches plus équilibrées pour vivre votre post-partum de façon authentique et bienveillante.

1. Pression et culpabilité accrue

Une femme réconfortant sa fille
Photo by Karolina Grabowska on Pexels.com

Imaginez-vous, au milieu de la nuit, épuisée après avoir essayé de calmer votre bébé en pleurs pendant des heures. Vous vous sentez submergée, mais une petite voix intérieure, écho de toutes ces voix que vous avez entendues maintes fois, vous dit : « Reste positive, tout va bien se passer ». Cette injonction à la pensée positive peut vous créer une pression supplémentaire inutile.

Pourquoi c’est problématique ?

Pression supplémentaire

Lorsque l’on vous demande constamment de « voir le bon côté des choses », cela peut se transformer en une pression pour ignorer vos véritables sentiments. Vous vous sentez alors obligée de masquer votre fatigue, votre frustration, voire votre détresse.

Culpabilité

Ne pas réussir à maintenir cette attitude positive en permanence peut engendrer un sentiment de culpabilité. Vous pourriez penser que vous êtes une mauvaise mère simplement parce que vous ressentez des émotions négatives (spoiler : c’est FAUX !)

Impact psychologique

Réprimer ces émotions peut augmenter le stress et la détresse psychologique. Vous vous retrouvez à cacher vos véritables sentiments, ce qui n’est ni sain ni tenable dans le temps.

Une étude publiée dans le « Journal of Personality and Social Psychology » démontre que les attentes irréalistes de positivité peuvent augmenter le stress et la détresse psychologique. Il est donc crucial de se permettre de ressentir et d’exprimer toute la gamme des émotions humaines.

2. Inadéquation face à la réalité des défis post-partum

Fuir la réalité

Le post-partum n’est pas seulement une période de joie et de bonheur. C’est aussi une période remplie de défis physiques, émotionnels et hormonaux. Croire que vous devez être constamment positive peut vous empêcher de reconnaître et d’affronter ces défis.

Pourquoi c’est problématique ?

Défis réels

Le post-partum implique des changements physiques, tels que la convalescence après l’accouchement, ainsi que des bouleversements hormonaux et émotionnels. Ces défis sont réels et méritent d’être reconnus pour ne pas passer à côté et créer des difficultés évitables.

Minimisation des défis

L’idéologie de la pensée positive peut vous faire croire que ces défis ne sont pas importants en les minimisant pour vous aider à rester positive, vous empêchant ainsi de chercher l’aide nécessaire.

Recherche d’aide

En ne reconnaissant pas l’ampleur de vos difficultés, vous risquez de ne pas chercher l’aide dont vous avez besoin. Il est essentiel d’accepter vos émotions négatives et de comprendre que demander de l’aide est un signe de force, non de faiblesse.

Selon une étude dans le « British Journal of Clinical Psychology », l’acceptation de ses émotions négatives et la reconnaissance des difficultés sont des étapes cruciales pour le bien-être psychologique. Il est donc important de permettre à ces émotions de s’exprimer.

3. Risque accru de dépression post-partum

femme empêtrée dans des cordes
Photo by Ron Lach on Pexels.com

Encourager une pensée positive excessive peut avoir des conséquences graves, telles que l’ignorance ou le déni des symptômes dépressifs.

Pourquoi c’est problématique ?

Ignorer les symptômes

En se concentrant uniquement sur la positivité, vous pouvez ne pas reconnaître les signes de dépression post-partum, s’ils adviennent.

Suppression des émotions

La suppression des pensées stressantes et des émotions négatives peut conduire à une aggravation des symptômes.

Troubles de l’humeur

Ce déni et cette suppression augmentent le risque de développer des troubles de l’humeur, y compris la dépression post-partum.

Une recherche publiée dans « Psychological Science » a démontré que le déni des émotions négatives et la suppression des pensées stressantes augmentent le risque de développer des troubles de l’humeur. Il est donc crucial de prendre au sérieux vos sentiments et de ne pas les ignorer.

4. Impact négatif sur la relation mère-enfant

Maman pleine de doute

La pression pour maintenir une façade positive peut nuire à la qualité des interactions entre vous et votre bébé.

Pourquoi c’est problématique ?

Interactions authentiques

La transparence émotionnelle est essentielle dans les interactions mère-enfant. Si vous cachez vos véritables sentiments, ces interactions peuvent devenir moins authentiques.

Qualité des interactions

Les mères qui se sentent obligées de rester positives en toutes circonstances peuvent avoir des interactions moins réactives avec leur enfant, voire même prendre de la distance vis-à-vis de lui.

Développement de l’enfant

Cette dynamique peut affecter la relation mère-enfant, mais aussi le développement émotionnel du bébé, car il apprend à travers vos réponses et votre engagement émotionnel.

Une étude publiée dans « Developmental Psychology » indique que les mères qui se sentent obligées de cacher leurs véritables sentiments peuvent avoir des interactions moins authentiques et moins réactives avec leur enfant, ce qui peut affecter négativement le développement émotionnel du bébé.

5. Isolement social

Solitude
Photo by David Besh on Pexels.com

L’idéologie de la pensée positive peut conduire à l’isolement social, car vous pourriez éviter de partager vos difficultés par peur d’être jugée.

Pourquoi c’est problématique ?

Partage des difficultés

La peur d’être jugée peut vous empêcher de partager vos véritables sentiments et difficultés, ce qui peut conduire à un sentiment d’isolement, et alourdir inutilement votre charge mentale.

Soutien social

Le soutien social est essentiel pour la santé mentale, et ne pas partager vos émotions peut vous priver de ce soutien crucial.

Expression authentique

Il est important d’exprimer vos émotions de manière authentique pour maintenir des relations saines et recevoir le soutien dont vous avez besoin.

Une étude dans le « Journal of Social and Clinical Psychology » montre que le soutien social et l’expression authentique des émotions sont essentiels pour la santé mentale. Les mères qui se sentent obligées d’être toujours positives peuvent se priver de ce soutien crucial.

Conclusion

Des parents aimants et unis autour de leur enfant
Photo by Danik Prihodko on Pexels.com

La pensée positive n’est pas néfaste en soi, mais l’excès peut vous nuire plus qu’il ne vous aidera. Naviguer dans la période post-partum est déjà un défi immense. Ajouter la pression d’être constamment positive peut compliquer les choses. En acceptant et en exprimant toutes vos émotions, en cherchant de l’aide lorsque vous en avez besoin, et en vous entourant de soutien, vous pouvez traverser cette période de manière plus authentique et sereine. N’oubliez pas, il est tout à fait normal de ne pas être positive tout le temps. Il ne peut y avoir de haut s’il n’y a pas de bas, il ne peut y avoir de lumière sans obscurité. Soyez bienveillante envers vous-même et accordez-vous la permission de ressentir et d’exprimer toutes vos émotions.

Qu’avez-vous pensé de ces points ? Avez-vous vécu des expériences similaires ? Dites-moi tout dans les commentaires !

Pour aller plus loin, je vous propose cette vidéo qui a été mon inspiration pour écrire cet article :

Références

1. Wood, A. M., & Joseph, S. (2010). The absence of positive psychological (eudemonic) well-being as a risk factor for depression: A ten-year cohort study. Journal of Affective Disorders, 122(3), 213-217.

2. Kashdan, T. B., & Rottenberg, J. (2010). Psychological flexibility as a fundamental aspect of health. Clinical Psychology Review, 30(7), 865-878.

3. Wenzlaff, R. M., & Wegner, D. M. (2000). Thought suppression. Annual Review of Psychology, 51(1), 59-91.

4. Murray, L., Halligan, S. L., & Cooper, P. J. (2010). Effects of postnatal depression on mother-infant interactions, and child development. Handbook of Infant Mental Health, 192-214.

5. Holt-Lunstad, J., Smith, T. B., & Layton, J. B. (2010). Social relationships and mortality risk: A meta-analytic review. PLoS Medicine, 7(7), e1000316.

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